LETTRE FINANCIÈRE n°155

LORSQUE LES ÉTATS ONT BESOIN D’ARGENT, ILS COMMENCENT À LEVER DES IMPÔTS. PUIS, SI LES IMPÔTS NE SUFFISENT PLUS, ILS S’ENDETTENT. ENSUITE, LORSQUE LEUR ENDETTEMENT SE COMPTE EN MILLIERS DE MILLIARDS ET QU’ILS NE PEUVENT PLUS PAYER LES INTÉRÊTS DE LA DETTE ELLE-MÊME, IL NE RESTE PLUS QU’À LEURS BANQUIERS, TELLE LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE, D’INVENTER LES TAUX D’INTÉRÊTS NÉGATIFS AFIN DE LEUR DONNER SANS CESSE PLUS D’ARGENT LORSQU’ILS EMPRUNTENT ???

APRÈS TOUT, IL SUFFISAIT D’Y PENSER !…

ET SI UNE CRISE MONDIALE COMME LE COVID-19 S’ABAT SUR EUX ET QU’ILS VEULENT DISTRIBUER DE L’ARGENT À TOUT-VA POUR « SAUVER » L’ÉCONOMIE, LEURS BANQUIERS SE CHARGENT D’IMPRIMER DES MILLIERS DE MILLIARDS D’ARGENT FRAIS QU’ILS PEUVENT RÉPANDRE PARTOUT.

Le problème, c’est que leurs devises, à savoir l’euro, le dollar, la livre sterling et le yen, ne valent structurellement plus grand-chose, car elles sont assises sur un endettement colossal, additionné d’une dilution de leur valeur, provoquée par une « planche à billets » frénétique.

Naturellement, les marchés financiers et les milliardaires ne s’y trompent pas et s’attendent à des dévaluations importantes, surtout lorsque s’impose un début de reprise d’inflation aux États-Unis. Dès lors, afin de se protéger, ils se ruent sur le bitcoin et les cryptomonnaies émises par les multinationales et les organismes privés qui regorgent de milliards d’actifs, là où les devises d’Etats sont assises de plus en plus sur une illusion. C’est alors que les Etats sont piégés. Leurs banquiers nous font croire qu’une hausse des taux d’intérêts sur leurs dettes serait possible pour compenser une reprise de l’inflation due à l’ensemble de leurs agissements. Mais cela leur est impossible car ils n’ont plus les moyens de payer quelque taux d’intérêt que ce soit, sauf à recourir à nouveau à la planche à billets.

Il leur reste une arme secrète toutefois, qui consiste à « aménager » les chiffres, le nombre de chômeurs, le niveau de leur endettement et l’inflation, ayant tendance à être « sous-estimés ». Car nous apportons peu de crédit à des chiffres officiels qui ont souvent tendance à nous rassurer, mais il est vrai qu’on nous rappelle à l’ordre si nous avons tendance à défendre ce type d’argument dans les médias.

Que va-t-il se passer maintenant ? Tôt ou tard, un nouveau krach.

Un beau matin, les marchés financiers, qui voyaient jusque-là « le verre à moitié plein » avec des états et leurs devises qui semblaient survivre, vont en fait découvrir avec horreur qu’il est en fait « à moitié vide » avec ces mêmes états surendettés et leurs planches à billets dynamiques. Une devise comme le dollar, par exemple, sera attaquée à la baisse, et avec un effet domino, l’euro, la livre sterling et le yen seront à leur tour dévalués.

Les états continueront à avoir besoin d’argent, et il ne leur sera plus possible d’actionner la planche à billets pour se financer, car s’ils le faisaient, les marchés

financiers dévalueraient davantage la valeur de leurs monnaies.

Il leur faudra alors prendre l’argent où il est, en saisissant une partie de l’épargne en banque et dans les contrats d’assurance-vie conformément aux lois BRRD et Sapin II que les politiciens ont eux-mêmes votées, mais ça, il est vrai que nous devrions « peu » le rappeler.

Lorsque ce krach se produira, les économistes nous expliqueront à la télévision qu’il était inéluctable et que des saisies d’épargne avaient déjà eu lieu en Argentine en 2001 ou à Chypre en 2013.

La crise sociale et politique qui s’ensuivra sera considérable, avec son lot de victimes à la clef. On se demandera alors comment on en est arrivé là, mais la réponse réside peut-être dans le fait que les humains se préoccupent peu des deniers de l’Etat qui n’est jamais leur propre argent, surtout si l’on est un politicien qui fait des promesses, là où un individu prendra souvent beaucoup de précautions s’il s’agit de son propre portefeuille.

Face à ces évènements potentiels, car nul ne saurait prédire l’avenir, nous proposons toujours à nos clients d’être investis dans des valeur d’actifs à l’image de l’immobilier international et des prises de participations dans des entreprises à l’échelle mondiale, sans oublier des investissements plus spécifiques comme les maisons de retraite médicalisées, les forêts ou les vignobles qui ont fait l’objet d’une publication dans la presse suisse le 22 mars dernier dans Allnews.

Un problème subsiste toutefois dans un pays comme la France, à savoir la volonté politique de faire acheter la dette de l’Etat derrière les guichets des banques, même à un taux de 0,5%. Le lobby des banques est pour, mais encore faut-il qu’il n’existe plus de concurrents tels les conseillers financiers indépendants, qui peuvent proposer autre chose à leurs clients.

L’arme idéale.

La règlementation, qui met « hors-la-loi » ladite concurrence, et c’est bien ce qui est en train de se passer.

Car concernant la conjoncture, qu’on ne s’y trompe pas.

La seule façon pour les Etats de se désendetter, c’est la dévaluation. Lorsque vous possédez 1 000 milliards de dettes, lever les impôts nécessaires pour les rembourser est tout simplement impossible. Par contre, si vous dévaluez de 40% vos 1 000 milliards, en euros constants, ils n’en représentent plus que 600 !

C’est probablement ce qui va arriver, d’où notre conseil de détenir des actifs diversifiés dont la valeur a tendance à se réévaluer en cas de crise monétaire.

Bonne lecture,

Didier Maurin

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