LETTRE FINANCIÈRE n°154

DANS 10 ANS

IL EST VRAISEMBLABLE QUE VOUS EFFECTUEREZ VOS ACHATS DANS LES GRANDS MAGASINS EN PAYANT AVEC LA MONNAIRE ÉMISE PAR AMAZON. EN EFFET, LES GRANDS INVESTISSEURS SE MÉFIENT DE PLUS EN PLUS DE MONNAIES TELLES QUE LE DOLLAR, L’EURO, LA LIVRE STERLING OU LE YEN, BEAUCOUP TROP ENDETTÉES À LEURS YEUX ET SURTOUT SURIMPRIMÉES PAR MILLIERS DE MILLIARDS CE QUI EN DIMINUE POTENTIELLEMENT LA VALEUR.

DÈS LORS, ILS COMMENCENT À ACHETER MASSIVEMENT DU BITCOIN OU DU FRANCE SUISSE, ET S’INTÉRESSENT AUX CRYPTOMONNAIES, CE MONNAIES ÉMISES PAR LES MULTINATIONALES.

Leur analyse est d’ailleurs logique, les Etats possédant des milliers de milliards de dettes pendant que les multinationales possèdent des milliers de milliards d’actifs. A terme, ces dernières devraient remporter la mise car de nombreux politiciens céderont à leurs avances et leur donneront les autorisations nécessaires pour « frapper une monnaie ». En effet, une future place dans un grand conseil d’administration, avec les émoluments qui vont avec, sera toujours quelque chose de tentant pour un élu quel qu’il soit.

Dans un tel contexte, le chahut des monnaies ne fait que commencer et nous vous proposons de continuer à posséder de l’immobilier et des participations dans des entreprises dans le monde entier, si cela est conforme à vos objectifs et à votre patrimoine, car nous estimons qu’ils constituent une diversification adéquate procurant une forme de sécurité puisque les actifs ont souvent tendance à se revaloriser lorsque les monnaies perdent de leur valeur.

A l’image des multinationales, certains investissements recherchent sans cesse et partout des opportunités mondiales tout en essayant d’optimiser au mieux leurs résultats fiscaux. Peu de placements « nationalistes » arrivent à leur niveau de performance, et ils n’offriront jamais la sécurité potentielle d’une diversification internationale. Sans oublier les conventions fiscales très intéressantes que les Etats votent entre eux et qu’il faut savoir exploiter.

L’écart continuera aussi à se creuser entre eux et les placements dits « de taux », à savoir les livrets, les Sicav monétaires, les obligations et autres contrats d’assurance-vie en euros. En effet, dans une conjoncture où la règle est souvent celle des taux d’intérêts négatifs, les rendements des placements traditionnels vont continuer à chuter. Les meilleurs de ces placements offraient un rendement de 1,3% l’année dernière, là où ils ne seront plus qu’entre 1 et 1,1% cette année selon leurs bulletins d’information. Et ce sera encore probablement moins l’année prochaine. En effet, dans une économie mondiale où nombre d’Etats sont si endettés qu’ils ne peuvent même plus rembourser les intérêts de la dette elle-même, il ne restait comme unique solution aux Banques centrales que d’inventer les taux négatifs pour leur éviter la faillite.

Dès lors, les taux d’intérêts liés à des dettes d’Etats restent orientés à la baisse, en attendant le moment où l’argent en banque rapportera 0% d’intérêts et où il faudra payer le banquier pour qu’il daigne le conserver. D’ailleurs, ce phénomène a déjà commencé dans certains établissements français comme la banque privée Lombard Odier, ou la banque de détail allemande N26. Il faut dire que la pratique est déjà très courante outre-Rhin, et qu’elle est déjà bien amorcée au Danemark, aux Pays-Bas, en Belgique et en Italie.

En conséquence, pour gagner de l’argent, il faut aujourd’hui acheter des valeurs d’actifs telles l’immobilier, certaines matières premières, et investir dans des entreprises, à savoir investir dans l’économie réelle, comme c’est également le cas avec les maisons de retraite médicalisées, les vignobles et les forêts.

Bonne lecture, Didier Maurin

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